La Kabylie…Cette blessure profonde

Almaghribia Almostakilla :  Par Dr Mohamed Ben Talha Doukkali

Du fond des hautes montagnes de la Kabylie, une  voix légendaire résonne comme un Phénix qui renaît de ses cendres. C’est la voix de Lounès Matoub, mêlée de tristesse, tel un oiseau qui peine à chanter dans un ciel gardé par des soldats lourdement armés.

Lounès chantait du haut des montagnes de Djurdjura , pour les blessures de la Kabylie, dominée depuis longtemps par des puissances extérieures .

Ses chansons à caractère tragique , pleuraient un peuple réprimé et glorifiaient des héros martyrisés.
Ceux qui l’ont assassiné, tentaient vainement d’effacer l’identité d’un peuple qui refuse de mourir.
Mais bien d’autres voix , s’étaient
engagées à exprimer la souffrance de ce peuple qui rêve toujours d’un printemps de liberté.

On peut citer parmi d’autres: Slimane Azem, Idir, Ait Menguellet et Ferhat Mehenni. Ce dernier défend farouchement l’existence du peuple Kabyle et fait face à tous ceux qui tentent d’effacer son identité et sa langue.

En effet, les revendications de libération du peuple Kabyle ont commencé depuis 1947, en passant par le printemps berbère de l’année 1980, puis les événements de 1995 et les événements du Printemps noir de 2001, au cours desquels cent vingt-six personnes ont été tuées, plus de cinq mille blessées et deux cent quatre handicapées à vie…

Cependant, la politique d’intimidation a eu des résultats inverses et n’a fait qu’accroître la volonté du peuple Kabyle à relever le plafond de ses revendications légitimes, allant jusqu’à demander le droit à l’autodétermination.

Ainsi , un gouvernement provisoire en exil a été formé , et c’est Ferhat Mehenni qui a été élu à sa tête .

Ce gouvernement a déclaré que son objectif est d’affronter la domination et de mettre fin à l’injustice et au mépris , visant à annihiler l’identité du peuple Kabyle , qui subit la plus longue occupation de l’histoire de l’Afrique.

Il réclame l’inscription de la région de la Kabylie dans le Quatrième Comité international de décolonisation , sur la liste des peuples ne jouissant pas du droit à l’autodétermination.

Aussi réclame-t-il le droit des Kabyles exilés de force à retourner à leur terre .

Ces exilés qui , en attendant d’embrasser le soleil de la liberté, continueront à chanter avec le groupe kabyle Amzik, une de ses chansons les plus célèbres, «mère de l’exilé» : «Oh mère d’enfant exilé, je t’en prie sèches tes larmes.

Dans un proche ou lointain lendemain , dans ton giron il reviendra. Malgré les épreuves qu’il traverse, tu n’as jamais quitté son esprit. Oh comme il souhaite être dans tes bras, pour se reposer de l’amertume de la vie…»

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