colloque international sous le thème : Enseignement/apprentissage des langues étrangères, soft-skills et digitalisation dans l’architecture pédagogique du nouveau système BACHELOR de l’Université marocaine: contraintes, défis et enjeux
Almaghribia Almostakilla : Texte de communication autour des Soft Skills réalisé par Nabila Shiri
Introduction :
Depuis la nuit des temps l’histoire du Maroc montre que l’enseignement a toujours été,
dans le pays, une préoccupation prioritaire, une source de réflexion renouvelée, un choix de
société constamment affirmé. .
Suite aux changements majeurs qu’a subit le monde pendant la dernière décennie une évolution
du système éducatif marocain se manifeste. .
Le Maroc, qui a placé dernièrement le développement du système éducatif parmi les priorités
de l’Etat, y a instauré des réformes essentielles qui répondent au contexte général de la
progression de la société marocaine, et à ses aspirations pour un futur meilleur. .
La période 2000-2009, déclarée décennie nationale de l’éducation et de la formation à
l’issue de laquelle le but de réforme du système éducatif devrait être atteint. .
Dès 2019, le Maroc se dirige vers un autre chemin, celui de l’adoption du bachelor, le royaume
veut donc donner un coup de boost à l’enseignement supérieur et rendre ses étudiants plus
compétitifs sur la scène internationale.
Le bachelor sera un cursus riche et principalement orienté vers l’étudiant, l’accent sera donc
mis sur un aspect prisé par les entreprises : les compétences comportementales comme la
créativité ou l’intelligence émotionnelle, aussi appelées soft skills. .
Enfin, la culture générale sera renforcée en accordant aux étudiants la liberté de choisir des
matières en sciences et en littérature comme dans le modèle américain. .
.
Les mondes professionnel et académique se sont longtemps penchés sur les questions
relatives aux compétences techniques et les savoir- faire. Dans un contexte d’inflation de
l’information et de développement exponentiel de la technologie, les entreprises sont devenues
de plus en plus exigeantes en termes de niveau de qualification de la main-d’œuvre.
C’est ainsi qu’une course aux diplômes s’est amplifiée, les étudiants cherchant à être en
meilleure posture pour trouver un emploi ; le diplôme faisant foi du niveau de qualification.
Cependant, l’augmentation de la complexité dans le monde professionnel ne peut être
appréhendée par les seules compétences techniques : :
Les entreprises ont de plus en plus besoin de compétences plus humaines, de savoir- être.
Ces compétences permettent une meilleure gestion des relations humaines, une meilleure
appréhension de l’environnement et une meilleure intégration du bien- être des salariés, trois
besoins fondamentaux de l’entreprise du XXe siècle. .Les soft skills, « compétences douces », s’avèrent une réponse concrète à ces besoins.
Ces derniers temps, il est de plus en plus difficile d’ignorer le fait que le monde est entré dans
le début d’une nouvelle révolution industrielle, et le grand responsable en est encore une fois
les technologies ainsi que leur impact, qui va bouleverser notre quotidien. .
.
Les soft skills, centrées sur les savoir-être et ressources psychologiques individuelles,
constitueraient une différentiation majeure pour les entreprises du 21e siècle, une condition de
l’employabilité et de la réussite dans la vie. Mais que recouvrent vraiment ces compétences
? Quels sont leurs effets sur les attentes professionnelles des jeunes diplômés ? Peuventelles (vraiment) évoluer ? Comment les évaluer ? ?
Définition :
Dans une perspective intégrant les compétences aux enjeux des organisations, nous
définissons les soft skills comme un ensemble de savoir-être favorisant l’adaptation à son
environnement, aux autres et à soi-même, grâce à la mise en œuvre de compétences inter- et
intrapersonnelles.
Les soft skills s’expriment principalement à travers nos traits de personnalité, notre
manière de composer avec nos émotions, de résoudre des problèmes complexes, ou encore de
communiquer.
Les soft skills ont la particularité d’être transférables à différentes situations clés
d’influence, de prise de décision, d’efficacité, ou encore de collaboration. Enfin, elles évoluent
tout au long de la vie. Leur développement est d’autant plus aisé qu’il s’inscrit dès le plus jeune
âge dans les habitudes, et qu’il est renforcé par les expériences positives facilitant leur ancrage
à l’âge adulte.
C’est la raison pour laquelle les organisations spécialisées dans les programmes
d’éducation insistent pour intégrer dans les programmes scolaires l’acquisition des soft skills.
Leur développement à l’âge adulte est toutefois possible sous certaines conditions individuelles
et organisationnelles. .
Domaines de compétences et softs skills représentatives :
A- L’influence : entrainer l’autre à agir : 2 soft skills :- Leadership :
Le leadership est une capacité reconnue à un membre d’un groupe par les autres membres
de pouvoir influencer leurs comportements et les entraîner vers un but commun.
Il émerge de la rencontre réussie entre une personnalité, des valeurs, une vision et un contexte,
une situation sociale, et un groupe donné.
Le leadership vise la recherche du changement positif. Il diffère classiquement du management,
visant l’ordre et la stabilité. .
– Conscience de soi :
La conscience de soi n’a pas de définition figée dans le temps, c’est un processus évolutif.
Plus la personne a une conscience claire de qui elle est, plus elle a de l’estime pour elle- même.
Cette estime influe positivement sur ses relations et ses engagements au travail.
Si le leadership correspond à l’art de l’influence sur les autres, la conscience de soi peut
être décrite comme l’art de l’influence sur soi pour construire une identité cohérente facilitant
le développement d’une vision du futur.
Ces deux mouvements, vers l’extérieur (leadership) et vers l’intérieur (conscience de soi)
s’alimentent l’un l’autre : une meilleure conscience de soi encourage un leadership plus
authentique, et un leadership aligné à son identité renforce la conscience de soi. Enfin,
conscience de soi et performance au travail sont liées positivement. .
B-La décision : agir en environnement complexe : 2 soft skills :
– Comprendre son environnement :
Notre environnement, complexe et changeant, favorise les modes de raisonnement qui
tendent à aller au plus vite, au plus économique, aux choix préservant un statu quo. Le fait
d’exercer vigoureusement sa pensée critique et son esprit d’entrepreneuriat pourrait s’avérer
un puissant antidote contre la prolifération du « prêt-à-penser » et de l’inertie inhérente à tout
environnement professionnel.
– Cultiver une pensée critique:
Avoir l’esprit critique implique de questionner ce qui s’impose à nous comme une
évidence, à challenger au quotidien les informations qui se présentent à nous.
Les biais cognitifs peuvent nous conduire à prendre des décisions irrationnelles,
particulièrement dans des situations d’exposition sociale et d’incertitude activant un niveau
d’insécurité et de réactivité émotionnelle. Certaines attitudes «pare-feu» permettent de limiter
leurs apparitions : la conscience de soi, l’esprit critique et la collaboration.C- L’efficacité : pour optimiser l’atteinte des objectifs : 2 soft
skills :
– L’apprentissage :
L’attention et le contrô le exécutif, soutenus par la concentration, sont des ingrédients clés de
l’apprentissage.
Le plaisir d’apprendre et la curiosité se logent aux racines de l’apprentissage. Ils font partie
inté- grante de la nature de l’homme.
Pour apprendre efficacement, il est utile de développer une conscience de ses capacités à
apprendre pour la mettre au service de ses besoins et de ceux des autres (métacognition).
– La résolution de problèmes complexes : :
La résolution de problèmes complexes, soutenue par la flexibilité, se situe au carrefour
de différentes fonctions cognitives majeures : et si le problème était une énigme à
résoudre?
L’entraînement à la pensée complexe, non linéaire, est utile à tous les niveaux, du choix des
indices de performance à l’interprétation de comportements.
La mesure et la visualisation des problèmes sont des outils utiles dans une dynamique
collaborative de résolution partagée.
Le point commun entre ces compétences est qu’elles impliquent un haut
niveau de contrô le et d’effort nous invitant à prendre le temps de nous
imprégner de nouvelles informations : de les explorer, les questionner, les
comprendre pour les intégrer à de nouveaux schémas de pensée exploitables
et utiles. Cette dynamique d’apprentissage permanent n’est pas solitaire, elle
est connectée à la composante sociale.
D- L’agilité : pour une adaptation rapide aux changements :
2 soft skills : :
– La créativité : :
Les individus les plus créatifs se distinguent par certains traits de caractère, dont la
persévérance, la tolérance à l’ambiguïté, l’ouverture aux expériences nouvelles,
l’individualisme et la prise de risque.Pour cultiver votre créativité, entraînez-vous à changer plus souvent de perspective; à laisser
aller votre imagination à partir d’une idée ou d’une image; à élaborer des scénarios imaginaires
sans censure. La créativité se développe dans l’action. .
Alors il faut oser tester, vivre de nouvelles expériences hors de vos sentiers connus, tout en
vous focalisant sur vos ressentis émotionnels.
– La flexibilité mentale : :
La flexibilité mentale est une fonction exécutive permettant de passer d’une tâ che à une
autre, d’un comportement à un autre, en fonction des situations.
Elle se développe particulièrement lorsqu’on se lance dans des activités nouvelles et non
routinières.
La flexibilité peut se cultiver en se lanç ant dans de nouvelles tâ ches, de nouveaux problèmes à
résoudre; en alternant les activités diverses à vos routines de travail, quitte à improviser de
nouvelles règles du jeu
L’agilité s’appuie sur des compétences de haut niveau, permettant une
adaptation efficace à des contextes changeants et ambigus. Malgré des
différences entre les individus, le potentiel d’agilité peut se développer grâ ce
à l’apprentissage de postures d’ouverture, de curiosité et un entraî nement –
à travers l’action et une prise de risque – permettant de tester de nouvelles
stratégies mentales et comportementales.
E- La coopération : pour réussir ensemble 2 soft skills :
– L’empathie:
L’empathie améliore la qualité des relations interpersonnelles, le partage des connaissances et
des émotions.
Si certaines personnes ont plus développé que d’autres l’empathie, cette compétence peut se
cultiver tout au long de la vie, moyennant une prise de conscience des enjeux et des efforts.
Une pratique régulière et authentique de l’écoute active, impliquant une posture ouverte,
permet de mieux ressentir et percevoir les émotions et schémas de pensée d’autrui.
– La collaboration efficace : Travail en équipe :
La performance de l’équipe peut ê tre envisagée sous l’angle des processus impliquant tous
types de savoir-faire.
Les actions centrées sur la prise de conscience de la personnalité de l’équipe par le manager et
son équipe sont innovantes et efficaces.Les interventions au cœur des activités de l’équipe favorisent chez le manager une
appréhension fine de l’intelligence collective de son équipe.
Dépassant les seules questions d’affinités, le «réussir ensemble» pose un défi
majeur pour les entreprises. Puisque la collaboration ne va pas de soi, les
actions de développement sous l’angle des dimensions clés de la performance
«en train de se faire» de l’équipe sont prometteuses du point de vue de leur
efficacité.
En favorisant la compréhension mutuelle et l’entraide saine, l’empathie agit
au cœur de plusieurs dimensions collaboratives clés.
Conclusion :
« La transition de notre enseignement supérieur vers le nouveau paradigme de
l’apprentissage du bachelor requiert un contrat programme engageant l’ensemble des
intervenants de l’enseignement supérieur dans le cadre d’une approche collaborative visant à
mettre l’étudiant ou l’apprenant au centre de tout agenda de changement et une réorganisation
de l’université autour de la pratique et maîtrise de la pédagogie transformative. »
-LA VIE ECOL’importance non négligeable des softs skills dans le nouveau système d’éducation révèle
un intérê t majeur pour l’amélioration inclusive et constante des compétences de l’étudiant,
viser son adaptabilité ne fait que faciliter son insertion dans le monde professionnel dans le but
d’ancrer les savoirs et aiguiser les performances de l’étudiant qui reste acteur principale de son
évolution.
